Le(s) cristallin(s) artificiel(s) : description et caractéristiques

Forme : le cristallin artificiel est composé d’une lentille (optique) pourvue de prolongements (« haptiques ») qui la stabilisent à l’intérieur de l’œil. Les haptiques peuvent soit faire partie de la lentille (implant « monobloc ») soit être rapportées.

  

dimensions
• l’optique a un diamètre de 6 mm (parfois 6,5)
• les haptiques ont un diamètre entre 11 et 13 mm suivant les modèles

matériaux
• petite incursion historique : les premiers cristallins artificiels ont été mis au point par le Dr Ridley, en Angletterre, à la fin de la deuxième guerre mondiale : il remarque que le plexiglas est un matériau très bien toléré par les tissus oculaires (ses patients étaient des pilotes de la RAF avec des éclats de pare-brise intraoculaires). Il met au point des lentilles intraoculaires à partir de ce matériau.
• Par la suite, les matériaux ont bénéficié d’améliorations constantes, une de plus importantes étant leur souplesse : ils peuvent ainsi s’enrouler sur eux-mêmes et être introduits à l’intérieur de l’œil par un incision beaucoup plus petite que leur diamètre (incision de 2,2 mm versus diamètre de l’implant de 13 mm)
• Les implants sont synthétiques (à une exception près, mais il s’agit d’un implant que nous n’utilisons pas). Il n’y a pas d’allergie, ni de rejet. Ils ne s’usent pas, ne bougent pas et ne sont pas à remplacer. Ils restent en place pour le reste de la vie.

Optique
Cristallins monofocaux
- Ils concentrent les rayons lumineux en un seul point
- si leur puissance est parfaitement bien choisie, il permettent de voir de loin sans lunettes, ou de près sans lunettes, mais pas les deux en même temps
- si la puissance n’est pas bien choisie, il faudra porter des lunettes pour voir nettement
cristallins multifocaux
- ils ont 2 ou plusieurs focales : ainsi, ils permettent de voir de près et de loin sans lunettes
- deux principes optiques existent :
» les «réfractifs»
- ont plusieurs zones optiques bien définies : une alternance de zones optiques pour la vision de loin et de près, en couronne
- leurs performances pour la vision de près sont moyennes
- la vision nocturne est souvent gênée par des halos autour des sources de lumière
- nous ne les utilisons pas, donnant notre préférence aux « diffractifs

Implant réfractif : les différentes zones optiques sont figurées en vert  Halos autour des lumières

» les «diffractifs»
- sur la surface de l’implant il y a une suite des « marches », qui diffractent la lumière (faire un double click sur la photo pour mieux les voir)
La surface de la lentille est recouverte des marches concentriques qui difractent la lumière

- ils ont deux focales : une pour la vue de loin et une pour la vue de près (30-40 cm). Deux images sont formées simultanément sur la rétine : une pour la vue de loin et l’autre pour la vue de près. Le cerveau en sélectionne une et ignore l’autre

- leurs performances pour la vue de près sont excellentes

- le principal inconvénient est représenté par les halos autour des sources de lumière la nuit, notamment autour des phares des voitures (voir la photo). Cet inconvénient existe pour la plupart des patients, mais est rarement gênant pour la conduite.

Les dessins ci-dessus illustrent le mode de fonctionnement des cristallins artificiels diffractifs :

la focale de près (rayons jaunes) donnera une image floue de loin, car les rayons ne se focalisent pas sur la rétine   Mais, il y a aussi la focale pour la vue de loin (rayons verts) : elle donnera une image nette, car les rayons se focalisent sur la rétine   Vue de près : une image floue est donnée par la focale pour la vision de loin (rayons de lumière figurés en vert) », car les rayons ne se focalisent pas sur la rétine   Etant donné qu’il y a aussi une focale pour la vue de près (rayons jaunes), il y a aussi une image nette, car les rayons se focalisent sur la rétine

- Les rayons de lumière venant de loin (d’un arbre, par exemple) sont de couleur verte et ceux qui viennent de près (d’un livre, par exemple) sont de couleur jaune
- Pour la vue de près :
* S’il n’y avait que la focale pour la vue de loin (rayons « verts »), la lettre serait vue floue
* Mais, il y aussi la focale pour la vue de près (rayons « jaunes ») : elle transmet une image nette de la même lettre
* Ainsi, il y a superposition de deux images d’un même objet : une image nette et l’autre floue. Le cerveau élimine l’image floue pour ne garder que l’image nette. Cette accoutumance cérébrale peut apparaître de suite, ou après plusieurs semaines (en attendant, la vue sera légèrement floue)

- Pour la vue de loin : le principe est identique